Sermon de la Veillée

Parvenir à l’étang pur et frais

par les yeux de la sagesse et les jambes de la pratique

 

Je suis très heureux, alors que j’officie à la cérémonie de la veillée d’Oéshiki en ce temple Shingyôji, d’avoir pu avec les pratiquants du Shingyôji et les nombreux pratiquants venus d’Autriche, de Belgique, d’Allemagne, d’Italie et du Ghana, exprimer ensemble notre gratitude envers la bienfaisance de Nichiren Daishônin.

Je pense que vous avez entendu à maintes reprises que dans la Nichiren Shôshû, Oéshiki est une cérémonie extrêmement importante. Il s’agit du rite par lequel nous célébrons l’aspect de la présence permanente dans les trois phases, l’extinction sans s’éteindre, du Bouddha originel Nichiren Daishônin, entré en extinction le 13ème jour du 10ème mois de la 5ème année de Kôan (1282).

Aussi, Oéshiki est une cérémonie de joie, vénérant l’état de vie de Bouddha originel présent en permanence sans s’éteindre de Nichiren Daishônin.

Pendant la pratique, j’ai lu le Traité sur la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude et la Remontrance de Nichiren Daishônin. Ces lectures signifient que nous avons promis de propager le Dharma du Bouddha originel Nichiren Daishônin même dans la difficulté, pour le salut de tous les êtres, en transposant dans le présent l’esprit de shakubuku de Nichiren Daishônin.

L’essentiel est d’inscrire fermement cette signification dans nos esprits et de polir encore notre pratique personnelle et notre pratique de la conversion d’autrui.

A l’occasion de la veillée d’Oéshiki, je voudrais à présent exprimer ma gratitude envers le Bouddha par le biais d’un sermon intitulé « Parvenir à l’étang pur et frais par les yeux de la sagesse et les jambes de la pratique ».

Cette expression « Parvenir à l’étang pur et frais par les yeux de la sagesse et les jambes de la pratique » est extraite du Sens mystérieux du Lotus du grand maître du Tendai.

Lorsque nous nous dirigeons en direction de quelque part, par exemple du Shingyôji au métro, nous ouvrons les yeux pour voir où nous nous dirigeons, ensuite, nous marchons.

Si nous nous contentons d’ouvrir les yeux et de regarder dans la direction où nous voulons aller, nous n’y arriverons jamais. Sans mettre un pied devant l’autre, nous ne pouvons pas progresser. Autrement dit, nous parvenons à notre destination seulement lorsque nous utilisons à la fois nos yeux et nos jambes.

Dans ses mots, le grand maître du Tendai symbolisait la sagesse par les yeux et l’ascèse par les jambes. Dans l’ascèse de la voie du Bouddha, lorsque ces deux éléments sont associés, on parvient alors à l’étang pur et frais. Ce dernier symbolise l’état de vie de la boddhéité.

Or, les hommes ordinaires à l’état brut de la Fin du Dharma que nous sommes, ne possèdent pas la sagesse correcte nécessaire à parvenir à l’état de vie de boddhéité. Pour cette raison, il est nécessaire de remplacer la sagesse par la foi (ishin dai é).

Le 26ème Grand Patriarche Nichikan Shônin disait la chose suivante :

« La foi est comparable aux yeux et la récitation de Daimoku aux jambes. Lorsque les yeux et les jambes se complètent, on se dirige alors vers la lumière sereine. Tendai disait : "on parvient à l’étang pur et frais par les yeux de la sagesse et les jambes de la pratique" ».

Commentant ce passage, le Grand Patriarche retiré Nikken Shônin disait jadis :

« Il s’agit là d’une métaphore dans laquelle « les yeux » et « les jambes » se rapportent à « la foi » et à « la pratique ». (…) Les yeux symbolisent « la foi ». Les facultés visuelles consistent en la foi.

Ensuite, « les jambes » représentent « la récitation de Daimoku ». Aussi, lorsque la foi et la pratique sont associées, il y a "complémentarité des yeux et des jambes". Les yeux et les jambes fonctionnent ensemble.

Les "yeux" dans les "yeux de la sagesse" dont parle le grand maître du Tendai dans son expression "parvenir à l’étang pur et frais par les yeux de la sagesse et les jambes de la pratique" désignent la foi.

Il existe l’expression "remplacer la sagesse par la foi". Elle signifie que dans la Fin du Dharma, notre sagesse n’est pas la véritable sagesse.

C’est pourquoi, du fait que nous sommes dépourvus de la sagesse nécessaire pour parvenir à l’obtention de la boddhéité, Daishônin nous enseigne la doctrine du remplacement de la sagesse par la foi.

Finalement, "les yeux de la sagesse et les jambes de la pratique" deviennent "les yeux de la foi et les jambes de la pratique», d’où l’assertion : "la foi est comparable aux yeux et la récitation de Daimoku aux jambes " ».

(3ème session des cours d’été du Hokkekô 2005)

Si nous n’ouvrons pas tout grand nos yeux de la foi et ne polissons pas l’ascèse de la pratique de Daimoku en récitant Nam Myôhôrengekyô, nous ne pouvons pas devenir Bouddhas. Autrement dit, nous ne pouvons nous diriger vers la lumière sereine que lorsque nos yeux et nos jambes sont complémentaires. C’est pourquoi, la foi et la pratique sont essentielles. C’est ce qu’enseigne l’expression "parvenir à l’étang pur et frais par les yeux de la sagesse et les jambes de la pratique".

Dans la Lettre à Hôren, Nichiren Daishônin écrit :

« Pratiquer ce sutra sans foi est comme pénétrer dans une montagne de trésors sans mains, tenter de parcourir une route de mille lieues sans jambes ».

Pour sa part, Nichikan Shônin écrivait dans ses Notes personnelles au sujet du traité sur la sélection du temps :

« Le pratiquant doit le savoir. Même s’il a la foi, sans la pratique de la récitation du Daimoku il est comme un homme qui, sans être aveugle, serait cul-de-jatte. Même s’il pratique mais qu’il n’a pas la foi, il est alors comme un homme qui, sans être cul-de-jatte serait aveugle. Pensez à la métaphore de « l’aveugle et du cul-de-jatte » des ‘Cent traités’. C’est pourquoi, il convient de bien ouvrir les yeux de la foi et d’utiliser les jambes de la pratique de la récitation du Daimoku. S’il en est ainsi, qui pourrait douter de parvenir à la terre de la lumière sereine pure et fraiche » ?

Ce passage signifie que ceux qui pratiquent doivent prêter attention au fait que même s’ils ont la foi mais qu’ils ne pratiquent pas l’ascèse de la récitation du Daimoku, ils sont comme quelqu’un qui, sans être non-voyant, serait dans l’incapacité de se déplacer. S’ils n’ont pas la foi, ils sont alors comme un homme qui, sans être impotent, ne pourrait pas marcher en raison de sa cécité. Par contre, s’ils associent la foi et la pratique, ils sont comme quelqu’un pouvant librement utiliser ses yeux et ses jambes. Il faut se rappeler la parabole du « non-voyant et de l’invalide » des Cent traités. C’est pourquoi, il faut bien ouvrir les yeux de la foi et marcher sur ses jambes pour se rendre sur le lieu de la pratique. Si c’est le cas, ils pourront parvenir à l’étang pur et frais éclairé par la lumière de la sagesse du Bouddha. Pourrait-on en douter ?

La voie pour devenir Bouddha est, quoi qu’il arrive, d’avoir la foi absolue dans le Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle et de nous efforcer dans la récitation du Daimoku associant la foi et la pratique. Nous devons avoir cette conviction et nous efforcer dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui.

Malheureusement, le Shingyôji n’a pas encore accompli la mission qui lui a été confiée. A l’étranger également, certains pays l’ont réalisée, d’autres non.

Toutefois, jusqu’au dernier moment, il ne faut pas renoncer. Je pense qu’au contraire, il faut progresser avec énergie avec la conviction « d’absolument réaliser notre mission ».

Dans le Traité sur les corps différents animés du même cœur, Nichiren Daishônin écrivait :

« Avec l’esprit des corps différents animés du même cœur, tout peut être accompli. Un même corps animé d’un cœur dispersé ne peut rien réaliser ».

Il nous encourageait par ailleurs, écrivant :

« Sachez que même s’ils sont peu nombreux mais dotés de l’esprit des corps différents animés du même cœur, les disciples de Nichiren accompliront de grandes œuvres et propageront immanquablement le Sutra du Lotus ».

Il est essentiel qu’à l’occasion de la cérémonie d’Oéshiki, chacun brûle d’une nouvelle ferveur envers la vaste propagation, s’efforce dans la récitation du Daimoku dans l’unité devant le Gohonzon et progresse encore dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui. S’il en est ainsi, je suis fortement convaincu que nous accomplirons notre mission.

Je termine mon sermon de la veillée d’Oéshiki en priant pour votre zèle et votre santé. Merci de votre attention.

Sermon du rite d'Oéshiki

« Au plus vite, rectifiez l’attachement à votre petite croyance et prenez immédiatement refuge dans le bien unique du véhicule véridique »

 

 

Je suis très heureux d’avoir pu, avec vous venus nombreux, exprimer notre gratitude envers la bienfaisance des trois trésors par le biais de la cérémonie de Oéshiki, faisant suite à la veillée d’hier soir.

Afin d’exprimer ma gratitude envers la bienfaisance de Nichiren Daishônin, je vais exposer un sermon intitulé « Au plus vite, rectifiez l’attachement à votre petite croyance et prenez immédiatement refuge dans le bien unique du véhicule véridique ».

Il va sans dire, ce titre est une phrase de l’extrait du Traité sur la Sérénité du pays par l’établissement de la rectitude lu lors de la cérémonie. Il s’agit des dernières paroles adressées par l’hôte au visiteur.

Le Souverain du Dharma Nichinyo Shônin commentait cette phrase de la manière suivante :

« Ici, le mot "attachement" désigne une faible aspiration, une intention légère. "L’attachement à la petite croyance" désigne la faible aspiration envers une religion petite, partiale. Rectifier cet attachement envers cette religion s’écartant de la vérité et "prendre immédiatement refuge dans le bien unique du véhicule véridique" désigne le meilleur moyen pour sauver l’intégralité des êtres et faire apparaitre la terre du Bouddha.

Dans ses Notes personnelles au sujet du Traité sur la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude, le 26ème Grand Patriarche Nichikan Shônin disait pour sa part :

« "Prendre refuge dans le bien unique du véhicule véridique" c’est en fait l’établissement de la rectitude ».

« Prendre refuge dans le bien unique du véhicule véridique » signifie donc établir le bon Dharma en ce monde.

Nichikan Shônin expliquait alors la substance de « Risshô », l’établissement de la rectitude de la manière suivante :

« Les deux idéogrammes de Risshô désignent les trois grands Dharmas ésotériques ».

Il s’agit donc d’établir les trois grands Dharmas ésotériques en ce monde.

Finalement, la phrase « Au plus vite, rectifiez l’attachement à votre petite croyance et prenez immédiatement refuge dans le bien unique du véhicule véridique » signifie abandonnez votre religion erronée et, au plus vite, prenez refuge dans la substance du Dharma correct de l’ensemencement au début du passé hors le temps que sont les trois grands Dharmas ésotériques du « Honzon de la doctrine originelle », du « Kaidan de la doctrine originelle » et du « Daimoku de la doctrine originelle ».

« Risshô Ankoku », la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude », c’est transformer le monde dans lequel nous vivons en monde du Bouddha baigné des œuvres et vertus du Bouddha originel, grâce au grand bienfait inhérent aux efforts prodigués pour réaliser la vaste propagation du Dharma de Nichiren Daishônin, sur la base du bien unique du véhicule véridique que sont les trois grands Dharmas ésotériques.

Dès lors que faut-il faire pour réaliser la vaste propagation de l’enseignement de Nam Myôhôrengekyô, le grand Dharma de Nichiren Daishônin ? C’est parler au plus grand nombre des bienfaits du Dharma merveilleux, autrement dit, faire shakubuku.

Une pratique qui consisterait à prier uniquement pour son propre bonheur ne permet absolument pas de réaliser la vaste propagation, la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude.

Nichiren Daishônin écrivait :

Faites le vous-même et préconisez aussi à d’autres (sur le véritable aspect des dharmas).

Il poursuivait, écrivant :

Si vous en avez la capacité, parlez ne serait-ce que d’un mot, d’une phrase.

Parallèlement à notre pratique personnelle, constituée de Gongyô, Daimoku, Tozan et les visites au temple avec foi dans le Gohonzon, il faut également parler de Nam Myôhôrengekyô à ceux qui ne le connaissent pas encore. La foi par laquelle nous effectuons la pratique personnelle et la conversion d’autrui est importante.

A la fin de la lecture que j’ai faite tout à l’heure du Traité sur la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude, nous avons récité ensemble trois fois Daimoku.

Cette triple récitation signifie que le moine et les pratiquants ont ensemble lus le Risshô ankoku ron et inscrit de nouveau l’esprit de shakubuku de Nichiren Daishônin dans leur cœur, tout en promettant au Gohonzon de s’efforcer davantage dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui.

Je termine le sermon de ce jour en priant du fond du cœur pour que vous, qui avez participé à cette cérémonie, vous efforciez encore plus dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui sur la base de la récitation du Daimoku, afin de construire votre propre bonheur et celui des autres.

Je loue vos efforts d’être venus au temple.

Nouvelles publications

Le Bouddhisme de l’École Fuji n° 125

Sermon du Grand Patriarche sur le chapitre Durée de la vie

Enfin, la véritable signification de Nam Myôhôrengekyô  enseignée par Nikken Shônin

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