La prière en bouddhisme

Le but de l’ascèse du bouddhisme étant de devenir Bouddha, il n’y avait pas, à l’origine de notion de prière dans le cadre de cette pratique.

Toutefois, en raison de l’influence des voies extérieures, notamment de l’hindouisme et du taoïsme, à laquelle il faut ajouter un amalgame avec les notions de grands vœux des bodhisattvas, du vœu originel des Bouddhas et des œuvres et vertus liés à la lecture des sutras, la prière est devenue partie intégrante et un élément important du rite et le mot « kudoku » (œuvres et vertus) est devenu synonymes de « riyaku » (bienfait). A ce propos, le grand maître Zhiyi indiquait dans le 6ème fascicule du Sens mystérieux du Lotus : « ce qu’on appelle "œuvres et vertus" ou "bienfaits" constituent en fait un ensemble. On parle alors de "œuvres et vertus-bienfaits" comme d’une chose unique, sans qu’il n’y ait de différence. Si on veut toutefois faire une distinction, on dira alors qu’un profit personnel est une œuvre et vertu, tandis qu’un profit pour les autres est un bienfait ».

En 1276, un disciple laïc appelé Dômyô Zenmon, fit parvenir à Nichiren Daishônin une demande de prière pour son père, par l’intermédiaire de la nonne Myô Ichi. La réponse à cette requête est une courte lettre intitulée Dômyô Zenmon Gosho.

« J’ai reçu votre demande de prier pour votre père et j’offrirai pour lui des prières au Bouddha.

En ce qui concerne la prière, il existe la prière manifeste à laquelle une réponse apparente est donnée, la prière manifeste à laquelle une réponse inapparente est donnée, la prière non-manifeste à laquelle une réponse apparente est donnée et la prière non-manifeste, à laquelle une réponse inapparente est donnée.

Toutefois, l’essentiel, dans la mesure où vous avez la foi en ce sutra, est que tous vos vœux pour le présent et le futur seront exaucés. Dans le troisième rouleau du Sutra du Lotus, il est dit : "Même si des démons et des êtres à leurs services sont présents, tous protègeront le Dharma du Bouddha". Dans le septième rouleau, il est dit : "sa maladie se trouvera dissipée ; il ne vieillira pas, il ne mourra pas". Il ne faut pas douter de ces paroles d’or ».

La prière peut donc être soi explicitement formulée (lors de la 4ème assise), soi inexprimée, voire inconsciente. La réponse à la prière peut elle aussi être manifeste ou inapparente et les œuvres et vertus, ou bienfaits également apparents ou inapparents.

Dans le Traité sur l’Enseignement, la pratique et l’attestation, Nichiren Daishônin écrit :

« Le bienfait obtenu par les hommes des périodes de la Rectitude et de la Semblance du Dharma était le bienfait apparent. Le lien noué du vivant du Bouddha était en effet arrivé à maturation. A présent, dans la Fin du Dharma, la graine étant plantée pour la première fois, le bienfait est inapparent ».

Il écrit également dans la Lettre à Myômitsu Shônin :

« Lorsque les hommes de ce pays, un, deux, puis mille, dix mille, cent mille réciteront le Daimoku, ils verront des œuvres et vertus inattendues s’accumuler en leur corps, aussi nombreuses que les gouttes de l’océan et que les grains de sable du mont Sumeru. L’éloge des œuvres et vertus du Sutra du Lotus accroît ces œuvres et vertus ».

Ainsi, celui qui récite le Daimoku avec une forte foi dans le Gohonzon et œuvre avec ferveur à la vaste propagation par la pratique de shakubuku se verra doté d’œuvres et de vertus inattendues, incalculables avec ses yeux et sa sagesse d’homme ordinaire.

Le 19ème chapitre du Sutra du Lotus, les Œuvre et vertus des maîtres du Dharma expose les œuvres et vertus inhérents aux pratiques de recevoir et garder, lire, réciter, commenter et retranscrire le Sutra du Lotus, à savoir la « purification des six racines ». Dans la Transmission orale de la doctrine, Nichiren Daishônin commente :

« Les maîtres du Dharma sont au nombre de cinq. Leurs œuvres et vertus sont l’effet et la rétribution de la purification des six racines. En fait, à présent, Nichiren et les siens qui récitent Nam Myôhôrengekyô purifient leur six racines. Ils obtiennent ainsi les grandes vertus de devenir les maîtres du Dharma de Myôhôrengekyô. Les œuvres sont appelées bonheur. Ce qui efface le mal est appelé œuvre et ce qui engendre le bien est appelé vertu. Œuvres et vertus c’est devenir Bouddha dès ce corps, c’est la purification des six racines ».

Bien qu’à l’origine il n’y ait pas de notion de prière dans le bouddhisme, nous sommes néanmoins des hommes et des femmes ordinaires et à ce titres, avons de nombreux souhaits et désirs. Puisque la place pour les exprimer nous est faite dans la 4ème assise silencieuse du Gongyô du matin, il est alors tout-à-fait légitime de les exposer à ce moment.

Toutefois, nous l’avons tous expérimenté, ce n’est pas pour autant que ces souhaits et désirs soient à nos yeux exaucés. Avant de se plaindre et de douter du Gohonzon, il est d’abord nécessaire de faire un petit examen de conscience. Faisons-nous ce qu’il faut pour voir nos vœux exaucés ?  Dans la Réponse à Dame Nichigon entrée dans la voie, Nichiren Daishônin écrit : « Que [votre vœu] soit exaucé ou non dépend uniquement de votre foi. Ce n’est en aucun cas la faute de Nichiren ».

Avant de nous lamenter « de ne pas avoir de résultats », demandons-nous d’abord si nous faisons bien le nécessaire pour : Gongyô tous les matins et tous les soirs et récitation suffisante de Daimoku ? Nous exerçons-nous aussi à parler du bon Dharma à notre entourage ? Allons-nous autant que faire se peut au Shingyôji pour y pratiquer avec le supérieur du temple, notre maitre et y écouter son enseignement et ses directives ? Etudions-nous de manière appropriée ? Si la réponse à toutes ces questions est oui et que malgré tout nous ne voyons rien changer en nous ou autour de nous, il ne faut pas s’inquiéter. C’est une question de timing. A partir du moment où nous faisons les choses comme elles doivent être faites, il y a immanquablement une réponse, qu’elle soit apparente où inapparente. Même la réponse inapparente, deviendra évidente avec le temps. Nichikan Shônin ne disait-il pas : « Les œuvres et vertus inhérentes à ce Honzon sont incommensurables, infinies. Il possède des applications immenses et profondes. C’est pourquoi, celui qui croit un certain temps en ce Honzon et récite Nam Myôhôrengekyô, ne verra aucune de ses prières rester inexaucées, aucune de ses fautes ne pas être effacée. La chance ne manquera pas d’arriver et le principe ne manquera pas d’apparaître ».


Gérard Purec

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Commentaires: 6
  • #1

    coiffard marie therese (vendredi, 21 février 2014 15:09)

    j'ai un gros problème financier et je n'arrive pas a joindre les deux bouts je suis endetter jusqu'au cou et j'aimerai avoir de la chance de gagner a des jeux comme le tiercé et autres afin que j'ai l'argent pour y mettre fin a tous les dettes que j'ai , et que mon bonheur soit la j'ai confiance en bouddha lui pourra m'aider a résoudre mes problèmes financiers afin que j'arrive a subvenir a mes besoins tous domaines , merrci a bouddha de venir a mon aide merci

  • #2

    ecolefuji (samedi, 22 février 2014 11:47)

    Marie-Thérèse, si on pouvait gagner de l'argent avec les courses de chevaux ou le Loto, ça se saurait et la FDJ n'existerait probablement plus.
    Toutefois, comme l'a dit en substance Saichô, le grand maître Dengyô "même si la motivation n'est pas la recherche de la boddhéité, le fait d'être en présence de l'objet de vénération correct apporte de grands bienfaits".
    C'est pourquoi, je vous encourage à réciter sincèrement Daimoku (Nam Myôhôrengekyô) devant l'objet correct, c'est-à-dire le Gohonzon de la Nichiren Shôshû, vous obtiendrez alors la sagesse qui vous permettra de trouver les vrais solutions à vos problèmes.
    Bon courage

  • #3

    natael (mardi, 22 avril 2014 20:54)

    C'est parfait pour notre projet du Bouddhisme!!!

  • #4

    mankou ngolo stephan (dimanche, 18 mai 2014)

    Je demande des prieres en faveur d'une oeuvres musicale que je realise au titre expression

  • #5

    Legrand (dimanche, 04 janvier 2015 09:05)

    Merci Gérard de nous faire partager ces belles traductions je suppose que ça demande énormément de concentration , je vais relire plusieurs fois pour m'imprégner le fruits de ton travail , 2015 année décisive pour propager le Darma merveilleux faire Shakubuku
    JPL

  • #6

    trinitas (vendredi, 05 mai 2017 14:55)

    Bjr svp j'aimerai avoir un commentaire du gosho sur " le moyen merveilleux de surmonter les obstacles" merci.

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