Prise de parole à la fin d'une séance de pratique du Daimoku

Le 26 mai 2013

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Vous êtes venus aujourd’hui au temple pour écouter un cours du révérend Nakano. Or, il est absent pour cause de déplacement à l’étranger.

 

Le fait que vous n’ayez pas été prévenus est la preuve d’un dysfonctionnement du Hokkekô. En tant que responsable, je vous prie d’accepter mes excuses.

 

En même temps, je dirai que nous pratiquons l’enseignement de Nichiren Daishônin qui est le bouddhisme de la cause. Nous pratiquons pour devenir Bouddha. Toutefois, notre boddhéité ne se manifestera pas un jour en tant qu’effet de notre pratique, elle se manifeste en fait par les efforts (causes) que nous déployons pour l’atteindre.

 

Dans le Sac de riz blanc, Nichiren Daishônin écrit :

 

« Le Garçon des monts enneigés offrit son corps au démon afin de recevoir un enseignement composé de huit idéogrammes. Le bodhisattva Roi des remèdes brûla ses bras en offrande au Sutra du Lotus. Dans notre propre pays, le Prince Shôtoku s’arracha la peau de ses mains pour y retranscrire le Sutra du Lotus. Quant au souverain connu sous le nom de l’empereur Tenji, il brûla son troisième doigt en offrande au Bouddha Śākyamuni. S’agissant de faits concernant des sages et de saints, ils nous sont impossible s à réaliser.

 

Toutefois, pour ce qui est de devenir Bouddha, les hommes ordinaires doivent garder à l’esprit le mot « résolution ». C’est ainsi qu’ils deviennent Bouddha.

 

Nichiren Daishônin utilise souvent le mot « résolution » (kokorozashi) à la place du mot foi.

 

Aussi, les œuvres et vertus inhérentes à votre résolution à venir au temple aujourd’hui sont les mêmes, qu’il y ait ou non un cours. Elles sont inestimables. Par contre, elles s’effaceront immédiatement si vous vous plaignez d’être venu « pour rien ».

 

Je lis en ce moment un livre intitulé « L’enseignement du Bouddha d’après les textes les plus anciens ». Il a été écrit par un moine bouddhiste renommé de Ceylan.

 

Dans son livre, ce révérend aborde la question de la foi, disant : « quoiqu’il en soit, la foi ou la croyance, telle qu’elle est comprise par les religions en général, n’a que peu de place dans le bouddhisme ».

 

Pour lui, « la question de croyance se pose quand il n’y a pas de vision ». Il prend alors un exemple : « Si je vous dis que j’ai un joyau dans la main fermée, la question de croyance se pose parce que vous ne le voyez pas vous-même. Mais si j’ouvre la main et vous montre le joyau, vous le verrez alors vous-même et il n’est plus question de croire. C’est ainsi qu’il est dit dans les textes anciens ».

 

Je pense que des pratiquants du Shingyôji ont lu ce livre et peut-être, certains en ont été influencés.
S’agissant des paroles du Bouddha, on ne saurait les mettre en doute. Toutefois, ce livre et ceux qui en ont été influencés ne tiennent pas compte de deux éléments essentiels : le temps et la prédisposition.

 

A l’époque de la Rectitude du Dharma, les disciples du Bouddha avaient la capacité de développer suffisamment de sagesse pour voir et comprendre la vérité. Or, nous sommes à présent dans la période de la Fin du Dharma et nos capacités sont si faibles, handicapés que nous sommes par la force de nos trois poisons, que nous n’avons plus la possibilité de voir et de comprendre quoi que ce soit et encore moins le Dharma (une pensée trois mille).

 

Dans le Traité sur le Honzon de l’observation de l’esprit, Nichiren Daishônin écrit :

 

« Pour ceux qui ne connaissent pas Une pensée trois mille, le Bouddha, éveillant une grande compassion, enveloppa ce joyau et l’accrocha au cou des êtres infantiles de la Fin du Dharma ».

 

C’est également pourquoi, dans le Gosho intitulé Les quatre étapes de la foi et les cinq étapes de la pratique, Nichiren Daishônin écrit :

 

« Parce que notre sagesse est insuffisante, [le Bouddha nous enseigna] de remplacer la sagesse par la foi, établissant le simple mot de "foi"  en tant que fondement. L’incrédulité est la cause pour devenir icchantika et de l’offense au Dharma. La foi, elle, est la cause de la sagesse et correspond au degré de dénomination ».

 

A partir du moment où nous récitons le Dharma merveilleux avec foi devant le Gohonzon, nous comprenons que ce dernier est le véritable aspect des choses et que nous voyons donc à ce moment la vérité.

 

Cependant, cette vision et cette compréhension disparaissent immédiatement, dès que nous n’avons plus la foi.

 

Si en lisant un tel livre nous pensons « voir et comprendre, ça paraît plus sérieux que l’enseignement de Nichiren Daishônin dans lequel il suffit d’avoir la foi et de réciter Daimoku pour devenir Bouddha », ce livre est alors un mauvais ami.

 

Si par contre nous pensons que « nous avons de la chance de pratiquer l’enseignement de Nichiren Daishônin sans avoir à faire toutes les ascèses des disciples des époques révolues », il est alors un bon ami.

 

Dans tous les cas, si nous ne voulons pas être trompés par notre propre ignorance ou notre arrogance à la lecture de certains livres ou à l’écoute de certaines personnes, le moyen le plus sûr est de venir le plus souvent possible au temple et écouter l’enseignement de son supérieur, notre maître direct. Lui seul est le dépositaire de l’enseignement de Nichiren Daishônin en France et la seule garantie de sa plus pure transmission.

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Commentaires: 4
  • #1

    david grungrass (samedi, 16 août 2014 17:51)

    Bonjour,

    Je m appelle David Grungrass. J ai 38 ans, j habite a Nantes et je suis aide soignant dans le service d hematologie du CHU de Nantes.

    J ai rencontrer le bouddhisme de Nichiren il y a maintenant 7 ans. Jusque la, je pratiquais au sein de la Soka Gakkai.
    A l heure actuelle, Je pratique (relativement) seul et c est en étudiant d autres approches du bouddhisme que celle de Daisaku Ikeda que je me rendu compte des grandes incohérences qui existe dans cette "vision" du bouddhisme.

    En effet, je considère maintenant l erreur commise par cet homme de s etre coupé d une lignée. Dans beaucoup leur activités, la Soka Gakkai denigre les moines et cela me rendait très mal a l aise.

    J aimerai beaucoup avoir un contact avec un ou plusieurs pratiquants de la Nichiren Shoshu afin de pouvoir échanger.

    Cordialement

  • #2

    Latania (dimanche, 12 avril 2015 11:19)

    bonjour, David GRUNGRASS , Jourrais-je me permettre de répondre à votre message suivant ce cours par une demande? Je ne peux pas attendre de réponse, je suis interessée aussi par le Boudhisme correct. pouriez vous me donner un mail pour discuter de cela en privé? j'ai lu vos commentaires précédents, j'ai retrouvé des éléments qui me sont connus et suis désireuse de comprendre ce qui se passe de votre côté en vous faisant partager ce que je vis du mien, en toute amitié et aussi, spiritualité bien sûr, et en se rappelant que nous ne faisons pas ce cheminement délicat, pour "rien". Bien cordialement. Je vous souhaite une bonne journée à tous et à toutes:-)

  • #3

    Latania (dimanche, 12 avril 2015 11:21)

    "Pourrais je" (faute de frappe dsl)

  • #4

    Ayato (lundi, 15 août 2016 20:21)

    David Grungrass
    Ne seriez-vous pas l'ancien basketteur que l'on surnommait "Flyman"??
    Le lycée Carcouët évoque t-il de lointains souvenirs?

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